Faciles
en été, sans soucis en automne, quasiment impossibles
en hiver, les pêches au coup de printemps sont les plus
techniques, mais elles permettent à celui qui s’y risque
de progresser bien plus vite. D’ailleurs, c’est en se
confrontant aux difficultés, que l’on apprend le mieux
!
Les
poissons n’ont pas de calendrier mais réagissent en
fonction de la température de l’eau et également au
rapport entre le jour et la nuit. Le soleil de plus en
plus haut dans le ciel, les journées qui rallongent, la
luminosité qui augmente, l’eau qui se réchauffe créent
les conditions du réveil des poissons blancs. Les plus
faciles à tirer du sommeil sont les gardons, suivis des
brèmes, des carpes et des tanches.
Les poissons se déplacent peu et sont encore en
bancs serrés. La digestion est toujours lente. La partie
de pêche promet d’être passionnante ! De surcroît, à cette
époque de l’année, les carnassiers tels que brochets et
perches risquent bien d’interférer dans vos plans... Car
sitôt leur reproduction finie, pas question pour eux de
s’endormir !
Privilégier
les eaux closes
C’est dans
les étangs, sablières, darses, que l’eau se réchauffe
en premier. Les rivières quant à elles, risquent de voir
leurs eaux chuter en température pour cause des fontes
des neiges ou accroître leur débit jusqu’à la crue suite
aux giboulées de Mars.
Il convient de s’installer dans une anse abritée
des vents du Nord et d’Est et surtout sur un emplacement
très bien ensoleillé. L’exposition plein Sud est souhaitable
pour le pêcheur, comme pour les poissons !
Inutile de chercher un poste trop profond. Au contraire,
une pente douce, de type plage, est idéale. C’est
là que les premiers végétaux aquatiques vont renaître,
tous les cyprinidés s’en nourrissent. Une profondeur
moyenne de 1,50 à 2 m est largement suffisante. Une
partie de pêche débutant à 9 h pour se terminer à 16 h
permet de profiter au mieux du moment où les poissons
sont les plus actifs, en général entre 11 et 16 h.
Jouer sur
la finesse
Il convient
de pêcher assez loin du bord car le poste choisi est très
peu profond dans les premiers mètres. L’idéal est de posséder
une canne à emboîtement d’une longueur de 9 m,
9,50 voire 10 m, car elle permettra à l’aide d’une ligne
courte, moins de 3 m, de pêcher très précis puisque la
bannière est peu importante.
Si à 9 ou 10 m du bord, le poste n’est pas assez profond,
l’utilisation d’une canne anglaise s’impose. Elle
rend possible d’atteindre une distance dépassant les 20
m, mais aussi elle autorise l’emploi d’une ligne sensible,
obligatoire en début de saison.
Une parfaite harmonie entre la portance du flotteur (le
plus léger possible), le diamètre du Nylon (fin) et une
plombée étalée est gage de réussite. La ligne doit
pêcher entre deux eaux mais également à la descente.
Pour modifier son comportement, il ne faut pas hésiter
à déplacer les plombs. Plus ils sont groupés proche
de l’hameçon, plus l’appât descend vite à la profondeur
choisie. A l’opposée, plus ils sont étalés entre l’hameçon
et le flotteur, plus lente et donc plus longue sera la
descente.
Appauvrir
l’amorce
Pour une journée
de pêche la quantité d’amorce est de l’ordre de 1 à 2
kg. Si l’on utilise des amorces du commerce, il convient
de mélanger 1 kg d’amorce Gardon à mouture fine à 1 kg
d’amorce Surface de type ablette. Le plus important est
que la granulométrie de l’ensemble soit fine et que la
couleur du mélange soit brune. Dans le cas des amorces
faites maison, les produits utilisés ne doivent pas être
trop nourrissants afin d’éviter le gavage.
Une fois l’amorce prête, il faut l’hydrater. Le bon mouillage
permet par simple pression entre le pouce et l’index,
de réaliser une petite boule suffisamment résistante pour
être lancée à 10 m et plus sans éclater pendant le trajet.
Recette
3 doses de fine chapelure rousse
2 doses de farine de mais
2 doses de gazelle grillée
2 doses de coprah
4 sachets de 7,5 g de sucre vanillé.
C'est parti
!
La première chose à faire est de
réaliser un sondage minutieux tout d’abord près
du bord, puis plus au large, plus à droite et plus à gauche.
Le choix de la zone à amorcer est primordial. L’objectif
lors de cette phase est de comprendre comment évolue le
fond à cet endroit. S’il est dégagé, exempte d’accrocs
et d’herbes, situé sur une pente douce et profond de 1,5
à 2 m, il est idéal.
L’amorçage consiste à lancer en début de partie de
pêche 4 à 5 boules de la taille d’une mandarine. Il
est conseillé de prendre un point de repère pour pouvoir
relancer à chaque fois avec précision au cœur de la zone
amorcée.
La pêche commence en décollant l’esche de quelques centimètres
du fond et en effectuant plusieurs relâchés par minute.
Après la première capture, il convient de relancer
toutes les 15 minutes une petite boule qui doit éclater
dès son contact avec la surface. Plus les poissons devient
nombreux, plus le rythme d’amorçage s’accélère et plus
ils s’étalent dans la hauteur d’eau.
S’il est une époque où le ver de
vase justifie pleinement la dépense, c’est bien au printemps.
Il convient de distinguer le fouillis
qui s’incorpore dans l’amorce, du ver de vase qui sert
à garnir l’hameçon. Il n’est pas toujours aisé de s’en
procurer en début de saison, il est conseillé de le commander
par avance et de prévoir de 7 à 11 € pour un demi-litre
« d’or rouge ». Il est également possible d’utiliser les
pinkies rouges aussi bien pour escher l’hameçon que pour
enrichir l’amorce.