A cette époque de l’année les mouvements d’eau et les crues compliquent la tâche du pêcheur. Heureusement il y a les bras morts, les reculées, les darses… où il est encore possible de réaliser de belles pêches au coup !
En automne, les débits élevés de nos rivières changent leurs visages et bouleversent complètement la vie de leurs habitants. Ce n’est plus la peine de retourner sur les postes si productifs il y a seulement quelques semaines. Où se trouvent alors tous ces poissons qui remplissaient nos bourriches durant l’été ?
Certains d’entre eux comme la tanche, ont ralenti considérablement leur métabolisme suite au refroidissement des eaux. Heureusement il y en a d’autres qui demeurent actifs ! Les chevaines et les gardons sont capables de parcourir jusqu’à une dizaine de kilomètres pour trouver un habitat plus accueillant.
Dans les remous et les amortis, ils trouvent refuge mais c’est surtout dans les bras morts et reculées qu’ils s’installent provisoirement. Ces zones peu actives en été, deviennent de véritables havres de paix. Des poissons hyper actifs et de surcroît réunis en grand nombre, ont besoin de beaucoup se nourrir. La concurrence alimentaire naturelle est exacerbée en ces lieux…
Près de la jonction…
Le meilleur poste se situe près de la jonction : bras mort–rivière. Située à la limite du courant et du calme, cette zone est facile à identifier selon la couleur des eaux, sombre d’un côté et claire de l’autre.
Ce point de passage obligatoire voit défiler, tout au long de la journée, des poissons de toutes espèces et de toutes tailles. De plus, la zone calme aux abords du courant se tapisse très vite des débris divers déposés par les flots. Cette source de nourriture composée de vers, larves, insectes morts... attire irrésistiblement les poissons.
Mais s’il arrive que par mal chance ce lieu très précis soit déjà occupé ou difficilement accessible, rien n’est perdu ! D’autres postes à proximité sont dignes d’intérêt. Les 40 à 50 premiers mètres du bras mort, partout où la profondeur d’eau est suffisamment importante, minimum 1,50 m, peuvent être pêchés avec de réelles chances de succès.
Technique et matériel
Même si en temps normal vous pêchez sur ce poste, il est probable qu’à cette époque de l’année les accrochages soient plus nombreux qu’à l’accoutumé. Les branches et débris de tout genre y sont déposés par la rivière au fil des jours. De plus, les poissons présents sur ce poste peuvent peser plusieurs kilos. Et qui dit gros poissons sur des postes encombrés, dit matériel costaud !
L’idéal est d’utiliser une canne bolognaise. Un moulinet servira de réserve de Nylon pour rallonger les coulées, pêcher plus loin du bord et pouvoir mettre au sec des poissons de taille sérieuse.
Le corps de ligne en nylon de 14/100 est un minimum. Le bas de ligne quant à lui, est réalisé en 12/100. Choisissez un flotteur en forme de toupie, avec antenne plastique et quille métallique, capable de rester stable même à la limite du courant. A l’aide de plombs mous, réalisez une
plombée
semi-étalée qui vous permettra d’explorer facilement toutes les couches d’eau.
L’amorçage au rappel
Le rappel avec des esches pures rend possible de pêcher en toute discrétion les différentes hauteurs d’eau. Il permet également de varier en quelques instants la distance de pêche car lorsque les touches diminuent ou disparaissent, il est intéressant d’essayer une autre coulée. En pêchant plus près ou plus loin, vous pouvez vous adresser à d’autres poissons que ceux déjà sollicités.
La quantité d’esches nécessaire à chaque lancer est primordiale. Le nombre d’asticots distribués doit être inférieur au nombre de poissons présents sur le coup. En l’absence de touches, diminuez la quantité et ralentissez la fréquence de distribution. Vous éviterez ainsi de gaver le peu de poissons présents. De plus, peu de nourriture disponible provoque entre eux une concurrence plus rude et les touches deviennent plus franches. Si le nombre de touches augmentent, augmentez la quantité d’asticots à chaque jet.
Quant au rythme d’amorçage, s’il est trop rapide, les poissons montent progressivement au devant des esches. Si vous perdez vos repères, cessez d’amorcer pendant 5 à 10 minutes puis recommencez en envoyant une dizaines d’asticots toutes les deux minutes.